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Actualité
européenne
La
dernière étude commandée par le ministère
de l'Industrie français (Direction générale
de l'Énergie et des Matières premières,
DGEMP) concernant les économies d'énergie
liées à l'heure d'été est
à la fois incomplète et très partiale.
Pourtant,
le dernier rapport de l'UE relatif aux changements d'heure
l'a mis en bonne place. La Commission s'est basée
sur elle pour signaler que les systèmes "heure
d'été" permettaient d'obtenir "quelques
économies d'énergie".
L'étude
en question (réalisée par "Tribu Énergie"),
aboutit aux chiffres suivants pour la France, dans l'année
2002 :
- Économies d'éclairage : 472 GWh,
alors que depuis plusieurs années l'ADEME annonçait
1200 GWh !
Notons que ce chiffre est proche de celui obtenu en RFA
par l'Institut de recherches sur l'énergie de Munich,
lequel était de 576 GWh pour l'année 1980,
première année d'heure d'été
dans le pays.
- Économies de climatisation : 212 GWh,
dans le secteur tertiaire et les établissements
d'enseignement seulement, en raison des matinées
plus fraîches du régime "heure d'été"
(le soleil se lève plus tard en termes d'heure
légale).
Le
rapport augure que les économies de climatisation
vont augmenter, en raison de la pénétration
croissante de l'usage de la climatisation dans le secteur
tertiaire.
-
L'étude de Tribu Énergie ne s'inquiète
pas de la vraisemblable augmentation des dépenses
d'énergie pour la climatisation chez les ménages
et les locaux ouvrant tard le soir, comme les restaurants
et certains centres commerciaux, dues au retard de la
fraicheur du soir. Il est vrai que toutes les familles
n'ont pas les moyens d'installer la climatisation : mais
on a noté aussi une progression de ce type d'équipements
dans les dernières années, en particulier
après la canicule. Quant aux familles les plus
modestes, elles devront souffrir l'inconfort des soirées
chaudes qui rendent plus difficile le sommeil
alors
que souvent c'est dans ces milieux qu'on se lève
le plus tôt !
-
Pour les surconsommations de chauffage, l'étude
française obtient un chiffre très bas :
14 GWh, soit moins du vingtième du montant obtenu
par l'étude allemande citée plus haut, qui
était de 342 GWh
(1)
Cela s'explique : l'étude française a évalué
uniquement les surconsommations dans le secteur tertiaire,
et cela pour le mois d'avril seulement. La modélisation
allemande se référait aussi aux ménages
et obtenait un surcout pour le chauffage encore plus important
pour le mois de mai
Pas étonnant, puisque
tous les secteurs vont avoir tendance à prolonger
la saison de chauffage à cause des matinées
fraiches.
Deux
autres grandes erreurs de l'étude française
en question :
-
Avoir ignoré toutes les surconsommations d'énergie
fossile liées à l'augmentation de la circulation
pour les loisirs le soir (deux tiers des économies
d'éclairage d'après une ét ude de
l'Université libre de Bruxelles) et l'élévation
des besoins de climatisation pour les voitures lors du
"rush" de l'après-midi.
-
Ne pas s'être donné la peine de signaler
que les économies d'éclairage vont diminuer
de manière très importante en raison de
la pénétration progressive des lampes très
efficaces, et surtout à partir du moment où
toutes les lampes à filament (dont les lampes halogènes
très fortes consommatrices) seront interdites,
ce qui est prévu actuellement pour la France.
- Le rapport reconnait que "les économies
d'énergie engendrées par l'heure d'été
auront certainement tendance à s'amenuiser en ce
qui concerne l'éclairage (pénétration
des technologies performantes dans le logement)"
; mais il évite de rappeler simplement que les
lampes économes consomment cinq fois moins que
les lampes incandescentes classiques (pour un même
éclairage), ce qui rendra à terme les économies
liées à l'heure d'été à
peu près cinq fois inférieures à
celles du niveau actuel.
De
son côté, l'UE se passe de rappeler que les
pays du nord de l'UE ont peu besoin de climatisation en
été. On ne peut pas parler d'économies
de climatisation appréciables pour tous les pays.
Par contre, les besoins en chauffage augmentent dans tous
les pays, à part certaines régions les plus
méridionales.
En
résumé : le solde énergétique
de l'heure d'été serait, approximativement,
pour un pays européen de taille proche de celle
la France ou de l'ancienne RFA :
-
Si on se base sur les études allemande et belge
citées, estimant que le bilan français de
l'effet "heure d'été" sur la climatisation
n'est pas complet :
576 GWh économisés
moins 342 GWh de
chauffage supplémentaire
moins 2/3 x 576 GWh de carburant supplémentaire
= 576 GWh - 726 GWh, c'est-à-dire -150 GWh.
-
Si on intègre le résultat français
relatif à la climatisation, soit 212 GWh économisés,
on aura : 212 GWh - 150 GWh = 62 GWh économisés.
-
Pour le premier cas, quand les lampes économes
seront les seules lampes utilisées : 576/5 moins
726 GWh = 115 - 726 GWh = -661 GWh.
- Pour le deuxième cas, dans la même perspective
: 115 GWh - 726 GWh + 212 Gwh = -399 GWh.
C'est-à-dire
que, si on admet le réalité des surconsommations
de chauffage et de carburant supplémentaire pour
le trafic, il faudrait que les économies de climatisation
liées à l'heure d'été se montent
à 212 + 399 GWh = 611 GWh pour que le solde énergétique
de l'heure d'été cesse d'être négatif
; ou bien que les sujets ne fassent pas davantage de sorties
en raison du décalage de la lumière naturelle
vers le soir, ce qui éviterait des surconsommations
de carburant
mais annulerait cet effet de l'heure
d'été jugé positif par la Commission
!
_____________
(1) Une étude anglaise (de l'Institut ADAS)
a estimé à 8 % l'augmentation de la
consommation d'énergie pour le chauffage causée
par l'heure d'été.
(Document
ACHED - avril 2008)
Actualités
des médias
Plusieurs
médias importants ont accordé fin mars de
la place aux arguments de l'ACHED.
Les journaux " Le progrès de Bourg-en-Bresse
" et " Le Parisien ", l'émission
de Jacques Pradel sur Europe 1, et l'hebdomadaire "
Le Journal du Dimanche " (supplément Femina)
ont permis de présenter des déclarations
de la présidente de l'association. Des médias
de l'Est et du Sud-Est ont fait appel à nos délégués
M. Cordier et M. Faucher. Sans doute dans d'autres régions
différents délégués ont pu
aussi s'exprimer, mais leurs échos ne nous sont
pas encore parvenus. Il est difficile d'éviter
que des erreurs importantes apparaissent dans les colonnes
des journaux, surtout quand on donne la parole à
des personnes moins bien informées. Ainsi le JDD
a présenté comme suit des déclarations
de Mme Karine Gavand, chargée de la campagne "
Climat " de Greenpeace France : " L'heure d'été
permettrait de 'réduire les dépenses en
électricité'
'Sur une année,
l'économie équivaut à 4 % de la consommation
nationale.' " Or, l'économie avancée
par l'ADEME pour le rapport européen de juin 2000
était " 4 % de la consommation d'éclairage,
soit 0,4 % de la consommation totale d'énergie
en France en 1995 ". Il ne faut pas confondre les
deux consommations. La consommation pour l'éclairage
représente environ 10 % de la consommation nationale
d'électricité.
Dans le même numéro du 30 mars 2008 du JDD,
la directrice de rédaction, Constance Poniatowski
conclut son " mot de début " intitulé
" DÉCALAGE " en disant :
" Vous y trouverez (page 54) néanmoins une
excellente raison d'avoir changé de système
horaire en 1976 : nous avions toujours celui imposé
par Berlin sous l'occupation pendant la Seconde Guerre
mondiale. " Or, c'est le contraire qui est arrivé
: le système imposé par l'Allemagne a été
repris en 1976, après avoir été abandonné
pendant une trentaine d'années au cours desquelles
nous avions constamment une heure d'avance, sans changement
hiver-été !
Autre constat : les médias ont eu peur de faire
l'écho de nos reproches à l'Union européenne
pour son attitude imprudente à l'égard de
la vie humaine. En effet, des accidents de la circulation
et des suicides, très probablement entrainés
par l'heure d'été (via la fatigue pour les
premiers et la surconsommation de psychotropes pour les
seconds) sont le prix à payer pour les loisirs
improbables et non mesurés que l'UE attribue à
l'heure avancée d'été. L'UE estime
que ces loisirs sont la principale justification du maintien
des systèmes " heure d'été ",
avant les " quelques économies d'énergie
" obtenues.
L'ACHED
répond à la Commission européenne
(Février
2008.) Fin 2007, la Commission européenne a adopté
une communication conformément à l’article 5 de la directive
(CE) nº 84/2000 concernant les dispositions relatives
à l'heure d'été. L'ACHED considère que les conclusions
de cette communication sont sans fondements. Vous pouvez
consulter la
communication de la Commission européenne ainsi
que la réponse
de l'ACHED.
L'organisme
ne s'adapte pas à l'heure avancée
Selon
une récente
recherche (menée dans le cadre d'un projet financé
par l'Union européenne) publiée dans la revue Current
Biology, l'organisme s'ajuste facilement au retour
à l'heure normale qui se fait à l'automne alors qu'il
ne s'adapte pas au passage à l'heure avancée qui se fait
au printemps. Un bon article sur cette question a
été publié par le magazine québécois
Psychomedia : voir
l'article.
Actualités
de l'association
La
dernière directive communautaire concernant
l'heure d'été avait prévu un nouveau
rapport sur la question pour 2007. Cette directive concerne
seulement les dates des changements d'heure et non l'obligation
(parfois supposée à tort par certains) d'utiliser
les changements d'heure (la défense du Conseil
de l'UE l'avait bien montré à la suite de
notre recours auprès du Tribunal du Luxembourg).
Or, le gouvernement français continue à
dissimuler la liberté des pays membres, en se servant
de phrases ambigües : il ne veut pas abandonner
l'heure d'été sans un accord préalable
avec les autres pays européens. Mais ceux-ci sont
moins sensibles au problème et à ses inconvénients
puisqu'ils utilisent des « heures d'été
simples » (une seule heure d'avance en « été »
par rapport à l'heure du fuseau géographique),
à l'exception de l'Espagne et du Bénélux,
qui pratiquent des « heures d'été
doubles » comme la France métropolitaine.
Malheureusement, le prochain rapport de la Commission
doit se baser sur les dossiers des États membres,
et exclura les documents des associations. Nous nous adresserons
donc au gouvernement français ; néanmoins,
nous allons aussi interpeler directement la Commission
européenne, afin que son système rigide
ne fasse pas obstacle à la prise de conscience
de plusieurs évidences dans le domaine des heures
légales.